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Du 29 mai au 1er juin 2014, participation au Toulouse Hacker Space Factory (THSF)

Publié dans : Evenements News

THSF 2014 report

Nous arrivons sur Toulouse le jeudi 29 vers 20h00.
30 secondes après Lionel nous informe qu’une performance va commencer.
Par principe, je lui demande s’il y aura des femmes nues. Ce à quoi il me répond oui.
Nous allons donc dans la salle 1 et découvrons Poussy Draama qui, après avoir distribué des joints d’herbes au public consentant, explique avec un schéma en couleur pourquoi, dans une société hétéro-normée à la pornographie masculino-produite, il pouvait être intéressant, voire nécessaire, de proposer aux regards d’autres formes de (re)présentation du corps à travers la pornographie.
S’en suit qu’elle enlève son legging et projette son sexe sur grand écran au moyen d’une webcam.
Rapidement, elle est amenée à nous présenter son clitoris à qui je fais poliment un petit signe de la main.
Il ne me répond pas, mais, étant donné que nous sommes dans le noir, à mon avis il ne me voit pas.
Poussy Draama retire ensuite sa mooncup dans laquelle elle avait préalablement placé une tête de weed et l’offre dans une boite à une spectatrice.
Nous nous frottons tous le corps ostensiblement sur un morceau intitulé « I love my body », regardons un extrait de film sur l’oppression que fait subir les blancs sur les non-blancs puis nous frissonnons sur le déchirant Gloomy Sunday de Billie Holliday qui conclue la performance.

Notre THSF 2014 peut commencer.

Je ne vais pas tenter de vous faire le compte-rendu exhaustif du week-end.
J’ai trop peur d’oublier un moment inoubliable et de vexer quelqu’un.
Mais sachez qu’en terme de très bons souvenirs nous avons monstrueusement capitalisé et qu’il n’est pas exclu que nous puissions désormais acheter un petit appartement avec un balcon.

Par contre, ce que je peux me proposer de vous raconter, c’est ce qui n’a pas eu lieu.
C’est à dire la médiation du cabinet de curiosité numérique que nous avons présenté cette année…

Il faut dire qu’après avoir passé deux jours à le monter nous n’avions qu’une envie, c’est d’aller voir ce qui se passait à côté…

Cette année, donc, pour le THSF 2014, le Labomedia a présenté :

%% La Course de cri pédo-nazi %%

Attendu qu’il ne semble y avoir que deux sortes de personnes sur le Net, les pédophiles et les nazis, nous avons aimablement proposé aux visiteurs de choisir leur camps puis de crier le plus fort possible pour avoir raison et conquérir Internet.
Nous avons tout naturellement représenté Internet par son logo, c’est à dire celui que les fabricants d’ordinateurs, sous la contrainte de Microsoft, devaient placer par défaut sur le bureau de Windows pour faire couler les navigateurs web concurrents à la fin des années 90 (Netscape, en l’occurrence).
Nous passerons sur le fait que Microsoft a eu l’idée de génie de nommer son navigateur Web « Internet Explorer ».
Si vous ne distinguez pas la différence entre le Web et Internet, vous savez maintenant à qui vous en prendre.
Enfin, il est évident qu’un tout doux gentil Pedobear et un piti mignon Kitler se devaient incarner les personnages.

%% Le plantage d’ordi %%

Parce qu’il est grand temps de contrebalancer les karmas délétères générés par la défaillance régulière de nos systèmes d’exploitations nous défendons une définition positive du plantage d’ordi en y faisant pousser des… misères.
L’installation peut légitimement prétendre au label Multimedia dans la mesure où le son caractéristique du « Fatal Error » est émis périodiquement pas les enceintes accrochées à l’écran.
Du plus bel effet spécial.

%% Le Minitel 0.2 %%

Afin de proposer enfin au Peuple un moyen simple et efficace de communiquer de manière anonyme et sécurisé nous avons créé le Minitel 0.2 dont la photo ci-dessus a immortalisé le moment historique où nous avons échangé, via un VPN , un stream image et son avec Nantes (alors en possession d’un autre Minitel 0.2 par l’entremise de Jérémie).
C’est une nouvelle ère qui s’offre à nous. Celle de la vidéo noire et blanc à 4 images par secondes en 71*31.
Chaque pixel est codé sur 1 bit (0 = noir / 1 = blanc) et comme on est consciencieux on a rajouté un couche de chiffrement personnel en changeant tous les 0 en 1 et tous les 1 en 0. C’est à dire qu’on transmet l’image en négatif. C’est vous dire si on est blindé.

Parce que cette prouesse technologie ne pouvait le laisser indifférent, Benjamin Bayard, prétextant une conférence avec Laurent Guerby sur « Un historique de l’internet », a fait le déplacement jusqu’à Toulouse pour admirer l’objet.
J’ai pris une petite photo souvenir de la rencontre entre Benjamin et Benjamin, mais par respect pour leur droit à l’image j’ai masqué leur visage. Il est donc peu probable que vous puissiez distinguer qui est qui.

À noter, aussi, les émouvants concerts hors du temps imparti de Guillaume avec IBNIZ.


%% La course du bus de l’innovation sur le chemin de la croissance %%

Notre maîtrise des nouvelles technologies nous le permettant, il nous a semblé patriote que de valoriser le pôle de compétitivité nationale dont la prospective opérationnelle ne peut qu’aboutir à une top scalability des incubations fondée sur un business modèle type capital ingénierie.
Les visiteurs ont donc eu la possibilité de piloter le bus de l’innovation grâce à une ingénieuse interface biologique imputrescible nourrie aux anti-biotiques NF.
Ce sont des kilomètres et des kilomètres de croissance qui ont ainsi, collectivement, collaborativement, été parcourus durant tout le festival.
Si l’économie du pays est relancée, vous saurez qui remercier.

%% Le piano à roulette %%

Fruit de l’ambition de ringardiser Ableton et Cubase, ce dispositif de séquençage qui transforme les images en son a été investi cette année par Darkimey dont les disques étaient mis à disposition des visiteurs. Trois couleurs possibles : rouge, noir et bleu. 32 sons par couleurs.
« Un vrai arc-en-ciel de sonorité » aurait pu dire quelqu’un d’inspiré.

%% Comment jouer du piano en appuyant sur des touches ? %%

Ici encore, les luthiers numériques industriels ont du souci à ce faire.
Cet instrument révolutionnaire permet, en effet, de jouer du piano en appuyant… sur des touches… mais avec 1 ou 2 secondes de décalage.
Quand les touches de l’interface sont pressées, elles composent une partition d’orgue de barbarie sur un écran dont l’analyse, au moyen d’une webcam et d’un algorithme savant, pilote des moteurs qui appuient sur les touches d’un piano.
Je veux dire.
Si ça c’est pas le future, je ne comprends pas.


%% Enculus Gift %%


L’Enculus Gift est un dispositif d’immersion dans la réalité réelle.
Mais attention, pas n’importe quelle réalité réelle : la réalité réelle en relief.

En effet, au moyen de ses deux caméras qui sont perfectionnées et de ses lunettes de réalité virtuelle conçues avec de la technologie à la pointe de la technologie, l’Enculus Gift permet de voir avec l’œil droit et l’œil gauche ce que captent respectivement les deux caméras et tout cela au moment même où cela se passe.
Le décalage entre les deux caméras correspondant à celui entre les deux yeux, les perspectives s’entremêlent dans un délicat ballet de photons et la magie opère : la réalité apparaît en relief.

C’est le premier choc.

Le deuxième choc arrive au moment où l’utilisateur découvre que les caméras sont disposées de manière à ce qu’il puisse se voir en relief en train de se regarder se voir en relief.
Il voit alors plus que la réalité. Il se voit dans la réalité.

À cette étape, l’utilisateur est tout simplement abasourdi.
Mais il lui reste encore un troisième choc à affronter et non des moindres.

Mis volontairement à la disposition du public à hauteur de buste, il est nécessaire de se pencher en avant pour profiter pleinement du dispositif. C’est alors une magnifique croupe que l’utilisateur offre (Gift) au tout venant, l’invitant à prendre part aux réjouissances (Enculus) sous ses yeux complices et bienveillants.

Voici un petit schéma pour bien comprendre ce qu’il se passe :

Cette œuvre, que l’on pourrait aisément qualifier d’œuvre Univers, a depuis été détournée à des fins commerciales par l’Oculus Rift.
Cette récupération aurait pu être une belle histoire parce qu’initialement développée par des indépendants du jeu vidéo et l’appui financiers d’une dizaine de milliers de particuliers et de sociétés enthousiastes.
Mais le projet a été racheté « par derrière » 2 milliards de dollars par Facebook.

Ça a le mérite d’offrir un quatrième choc à l’installation.
Mais on s’en serait bien passé.

%% Dead Machine %%

Parce que les machines ne sont pas forcément toujours nos amis, cette installation se proposait de vous le rappeler en autonomisant un taille-haie grâce à un détecteur de présence.
Aucun blessures. Beaucoup de sursaut. Énormément de bruit.

%% Télé-lolcat %%

Des centaines de vidéos de chat en boucle pour rendre compte d’une culture numérique populaire qui peut baisser de moitié la productivité d’un pays. Ou comment sourire de nostalgie en pensant à Téléchat.

%% La boite %%

Cette boite s’éteint quand on l’allume. Tout est dit je pense.

Le programme officiel :

 

thsf2014i

Conférences

Benjamin Bayart & Laurent Guerby :: Caspar Bowden :: Collectif CorteX Julien Peccoud :: Guillaume Dasquie :: Lilian Chardon :: Damien Millescamps :: Adrien Denat

Installs

Thierry LACROIX :: VSRK + James Lewis :: Arnaud COURCELLE :: LABOMEDIA :: Annlor CODINA :: Horia Cosmin SAMOILA :: YORGA, plasticien performeur :: Zone jeux :: Missile command deluxe :: Pong 1D par Fatflap ::

Concerts

Mutah & Vince :: Slivo Electric Klub :: Beyon : D – (isaAAAc & Mr Honk) :: D’incise :: Anklepants :: Tres bien ++ :: Ruby My Dear / Mu :: DJ Fong Fong :: DJ Nix’On :: Mister MODO & Ugly Mac Beer & Jessica Fitoussi :: FUMUJ (chant -signe par Laetitia Tual) :: DJ Netik

Stands

Tetalab :: Tetaneutral :: Toulibre :: CampusFAB (FabLab de l’UPS) :: Impression 3D :: Soudure Badges :: Serigraphie :: Lockpicking :: Cryptographie :: Stenope..

Événement organisé par Tetalab et Mixart Myrys