THSF #8 ?
Pour sa 8ème édition, le hackerspace Tetalab et le collectif d’artistes Mix’art Myrys ont à nouveau transformé les 4000m2 de ce lieu artistique autogéré pour accueillir un des plus grand festival français dédié à la culture « hack » et à des pratiques artistiques qui s’y rattache.
Au programme : 4 jours de conférences, d’ateliers pour petits et grands, de performances sonores et visuelles, d’installation et de stands de présentation d’initiatives allant dans le sens de la culture libre, de l’appropriation critique des techniques et de l’invention d’un futur commun entre humains et entités technologiques. Cette année, la reconfiguration du lieu a également donné aux artistes du lieu un plus grand espace pour montrer leurs créations aux nombreux visiteurs qui sont venus lors de ces 4 jours (plusieurs milliers de personnes cumulées).
Un mélange de gens, de genres, de disciplines et d’approches
Plus qu’un long compte rendu (le programme était très dense et foisonnant), nous vous invitons à parcourir celui que nous avons produit pour le site makery ainsi que la galerie de photos en bas de cet article (merci à 01livier B pour son oeil électronique aiguisé).
Pour tout de même compléter ce compte-rendu nécessairement trop court, on pourra évoquer les chouettes propositions made in Mix’art Myrys : les créations électroniques de Thomas Bigot qui a spatialisé l’aire n°3 de sons synthétiques modulaires alors que Nada l’illuminait de peintures vivantes sur rétroprojecteur, Thomas encore en collaboration avec Frédéric Villeneuve Séguier nous a proposé un audio neural netwok, installation sonore reconstituant un réseau neuronal électronique de façon très plastique, un beau langage chromatique d’Audrey Fox qui reconstitue des images de façon tactile pour les aveugles, le Proyectarium de Xano Martinez et Maïlis Gourdon cabinet de curiosités numériques interactive, la porte vers le monde des zombies, la machine à bisous qui comptabilise sur un compteur vidéo les contacts charnels, la fabrication de vélos en bambous, le set scratch Dj d’après-midi (et de fin de nuit), la présence du FAI associatif Tetaneutral, l’accueil dans le « double dragon » du Tetalab de conférences éclairs et bien d’autres choses encore que je dois nécessairement éluder … sans oublier l’accueil formidable des gens, artistes, bénévoles du lieu.
Et la Labomedia dans tout ça ?
Eh bien nous fûmes impliqués à plusieurs titres : une installation de néo-luddisme proposant 3 différentes approches pour contrevenir au fonctionnement des ordinateurs sous la forme d’un manuel illustré :
- une série de clef USB qui maltraitent de différentes façons des ordinateurs, téléphones
intelligents, media center de voiture ou d’avion, distributeurs automatiques … ou centrifugeuse
d’enrichissement d’uranium - une démonstration de la perturbation d’un disque dur / d’un data center par une onde sonore
- une façon radicale de priver l’informatique de sa nourriture essentielle : l’électricité
Un pendule de Foucault qui donne à entendre la rotation de la terre
Une conférence sur la place des algorithmes dans notre société et nos cerveaux intitulée « Le code est politique, les algorithmes sont des armes mathématiques de destruction » et dont vous pouvez retrouver le PDF ici en attendant la publication de l’article correspondant dans le 2ème volume traitant de la souveraineté technologique (ici le 1er volume)
Et une performance audiovisuelle improvisée prénommée « Pâté sonore » pour laquelle les principales sources de sons étaient constituées … de lumières transformées en ondes audibles via des panneaux photovoltaïques, des capteurs électromagnétiques et un patch Pure Data transformant le flux de la caméra en données qui remplissent des buffers audio …
Enfin les Labomediens et ex-Labomédiens à la retraite ont allégrement participé à la FIFA qui cloturait le samedi soir : une fanfare IBNIZ, logiciel imbuvable de livecoding qui permet avec une partition très condensée composée de très peu de caractères de donner lieu à une effervescence de sons et images 8 bits brutales.